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    Par Emmanuel PONCET
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    On ne fait pas l'analyse sauvage d'un mort. Ce serait indécent. En revanche, il est possible d'émettre une hypothèse, de mettre une étiquette sur le pot autour duquel semblent tourner certains commentateurs après la mort de Pierre Bourdieu. Une expression qui peut avoir valeur d'explication d'une partie de son travail et surtout de la haine qu'il a pu susciter. Cette expression, c'est celle de «névrose de classe». Forgée en 1987 par Vincent de Gaulejac, un sociologue clinicien, auteur du livre du même nom (1), elle désigne cette structure psychique particulière qui touche les individus dont la promotion sociale, à travers l'école notamment, a été vécue douloureusement. Un passage contrarié d'une classe sociale à l'autre, ressentie comme une trahison des parents, un éloignement du milieu d'origine, une «rupture d'identification» très fréquente chez les intellectuels dont Jean-Paul Sartre disait qu'ils étaient «des produits loupés des classes moyennes».

    Le Nouvel Observateur du 31 janvier-6 février nous en apprend un peu plus sur la «névrose de classe» propre à un Pierre Bourdieu dont on connaissait déjà les origines modestes et provinciales. Le professeur s'était attelé à rédiger lui-même un récit autobiographique intitulé: «Esquisse d'une socio-analyse» (2). Il y raconte sur une soixantaine de pages sa vie de lycéen très tôt saisi par les différences sociales qu'il retrouvera décuplées dans l'ambiance bourgeoise d'une khâgne de la capitale. «La violence des interactions prenait souvent la forme d'un racisme de classe appuyé sur l'apparence physique ou le nom propre, écrit-il. Tel qui devint mon principal rival dans les classes terminales[...] me blessait souvent en prononçant mon nom à la manière des paysans du pays et en plaisantant sur le nom, symbole de toute l'arriération paysanne, de mon village.» La description de cette cruauté universelle des cours de récréations, lieux de tension sociale dont les enjeux seraient aujourd'hui Nike ou Helly Hansen, ressemble à celle faite par Annie Ernaux dans la Place (3) où elle se souvient comment ses copines bourgeoises s'adressaient de façon condescendante à son père en lui demandant «alors comment ça va-ti?».

    Les extraits du manuscrit confié à l'écrivain et journaliste Didier Eribon éclairent la formation de cette «névrose» bourdieusienne dont la seule résolution possible semble avoir été le surinvestissement dans le travail, l'écriture ­ «Ecrire, c'est le dernier recours quand on a trahi», dit Annie Ernaux ­ et la constitution en fin de compte d'une oeuvre immense en forme de pied de nez adressé aux élites oppressantes.

    Souvent «collé» dans son collège du Sud-Ouest, Bourdieu a fomenté dans cette solitude des génies fragiles sa future et éclatante révolte. «J'avais 11 ou 12 ans, et personne à qui me confier, et qui puisse simplement comprendre. Je passais souvent une partie de la nuit à préparer ma défense pour le lendemain.» Cette «honte sociale» originelle l'a rendu solidaire de toutes les exclusions, de toutes les injures faites aux minorités. Des milliers de lecteurs en transit social, en bouleversement d'identité, s'y sont retrouvés, vengés par procuration, reconnus dans leur souffrance et intellectuellement armés pour se défendre.

    Toute son oeuvre peut être évoquée à l'aune de cette belle métaphore: «préparer sa défense»... et la faire partager à ceux qui en ont besoin, en produisant une sociologie de self-défense bien montrée par Pierre Carles (4). Mais celle-ci s'est aussi retournée contre son auteur, et ses disciples, justement parce que son origine était avant tout défensive. D'où les reproches incessants faits à son endroit de «terrorisme intellectuel»ou de «sectarisme dogmatique», là où comme l'écrit Jacques Bouveresse dans le monde du 31 janvier, il s'agissait tout simplement d'être «logique», de rétablir une vérité sociologique masquée et surtout de (se) protéger. Finalement, les cruels «jeux de cour» du lycée de Pau sont peu ou prou les mêmes que ceux du campus intello-médiatique parisien, où les clivages restent souvent les mêmes, où les logiques d'ascension ou de préservation sociales perdurent, s'accentuent, et dont les membres ne supportent pas d'être démasqués, objectivés, ramenés à leurs déterminations sociales... surtout lorsqu'ils sont en position de force.

    La réaction outrée de beaucoup d'intellectuels et journalistes aux objectivations bourdieusiennes ressemble aux souvenirs de l'écrivain Dominique Noguez, khâgneux en même temps que Bourdieu. «Bourdieu était un "provincial", moi un "Parisien". Sur tous les provinciaux, il tranchait, affichant sa provincialité avec une ostentation agressive. Gonflé déjà, malgré sa bouille toute ronde, de ressentiment contre les "bourgeois" (ou crus tels) que leur aisance de langage, de manières "distingue".» (5)

    La «névrose de classe» de Pierre Bourdieu avait les défauts de toutes les névroses dont on fait brillamment quelque chose: créatrice, productrice, libératrice mais aussi imposante, figeante, énervante. Son oeuvre a pu libérer autant que bloquer, faciliter les déplacements sociaux comme les inhiber. Sa mort, c'est finalement la disparition d'une superbe mauvaise conscience de classe de la société française. Et quand une mauvaise conscience collective disparaît, avec les problèmes qu'elle révélait, c'est toujours une forme de bonne nouvelle pour ceux qui restent.

    (1) La Névrose de classe de Vincent de Gaulejac, Hommes et Groupes Editeurs, 1987.

    (2) La famille de Pierre Bourdieu s'est indignée de la publication du manuscrit, lire Libération du 1er février 2002.

    (3) La Place d'Annie Ernaux, cité par Gaulejac.

    (4) La sociologie est un sport de combat, sorti le 2 mai 2001.

    (5) Egalement dans le Nouvel Obervateur du 31 janvier-6 février 2002.

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